On le sentait presque venir, mais peut-être pas aussi tôt. Après une fin de saison dernière agitée, et une trêve estivale qui a fait du bien à toutes les têtes, un nouveau climat de tension a fait son apparition du côté de l’Olympique Lyonnais. Entre résultats moyens, mercato mitigé et un entraîneur qui cristallise toutes les tensions, la trêve internationale tombe à pique. Même si elle ne devrait pas résoudre grand chose…

Vendredi 31 août. 23h00. Groupama Stadium. L’OL vient de s’incliner face à Nice (0-1), pour la deuxième fois de la saison, après Reims, et compte déjà autant de défaites en championnat que sur les 22 premières journées de la saison précédente. Les joueurs rentrent aux vestiaires sous les sifflets de leur public. Plus tôt dans la soirée, au moment de la composition des équipes, le coach Bruno Génésio avait déjà reçu une bronca, de la part d’une partie du stade. La tension est palpable. Les apparences ne sont pas trompeuses, les plaies de la saison dernière ne se sont pas refermées. En coulisses, les pensées sont déjà ailleurs : l’OL doit encore signer deux joueurs.

Ce sera fait quelques minutes plus tard : l’Olympique Lyonnais officialise les arrivées de Moussa Dembélé et de Lenny Pintor. De quoi clôturer un mercato qui aura aussi vu arriver Jason Denayer, Réo Griffiths, Léo Dubois et Martin Terrier. Un bilan assez maigre, même si l’OL n’a perdu aucun joueur majeur, hormis Mariano Diaz. Mais sur les réseaux sociaux, l’essentiel est ailleurs, et le constat est clair : l’OL ne s’est pas renforcé durant ce mercato, malgré la présence de la Ligue des Champions, et surtout, des nombreuses ventes qui auraient pu permettre au club de se renforcer considérablement, notamment en défense centrale, priorité assumée des dirigeants lyonnais. Il n’en a vraisemblablement rien été. L’arrivée de Jason Denayer ne fera pas oublier les échecs Ruben Dias et Abdou Diallo, tous deux annoncés avec insistance du côté lyonnais, mais dont les arrivées n’ont pu se conclure.

Le mercato n’aura donc pas permis d’apaiser les relations entre les supporters et le club, et ce n’est pas le premier bilan sportif de la saison qui y contribuera. Deux défaites en quatre matchs, avec trois des quatre rencontres à domicile, en n’ayant joué aucun club du top 7 de la saison dernière. Inquiétant, alors que l’OL débutera, dès la fin de la trêve internationale, un rythme de matchs tous les trois jours, avec la Ligue des Champions, et des matchs tels que la réception de Marseille, ou un déplacement à Paris. Pas de quoi rassurer. D’autant que les fantômes des maux de la saison dernière rodent encore autour du Groupama Stadium. En mai dernier, après le coup de sifflet final de la saison lyonnaise, des banderoles fleurissaient dans les tribunes, incitant notamment l’entraîneur Bruno Génésio à quitter son poste, sans haine ni violence. La fracture club-supporters s’est ouverte, elle n’est à ce jour toujours pas refermée.

Et les actes sont même allés plus loin. Trop loin. Sur une vidéo parue sur les réseaux sociaux, dimanche soir, on remarque Bruno Génésio semblant poursuivre un individu, en criant des noms d’oiseaux. Semble-t-il en famille, l’entraîneur lyonnais aurait réagi de manière véhémente après des insultes adressées à sa fille, selon Bilel Ghazi, journaliste à L’Equipe. Une provocation regrettable, condamnable et irrespectueuse, mais pourtant révélatrice du climat autour du club. L’entraîneur de l’OL se fait agresser verbalement dans le cadre de sa vie privée, voilà où ça en est arrivé. Les tensions sont sorties du domaine sportif, et sont désormais entrées dans le cadre privé. Et si personne ne cautionne cet acte, largement condamné sur les réseaux sociaux, il est révélateur du cadre dans lequel évolue l’OL. Bruno Génésio, en poste depuis deux ans et demi, cristallise toutes les tensions. Pour la première fois, il est attaqué sur un aspect extérieur au football. La contestation devrait pourtant rester dans le domaine sportif. Ceci étant, le manque de communication de l’OL à ce sujet fait planer le doute sur la véracité de la version des faits, que personne ne semble vraiment connaître pour l’heure. Mais Bruno Génésio reste aujourd’hui plus détesté qu’aimé du côté des supporters. Et ça ne date pas d’hier. Mais s’il doit être attaqué, aussi âprement soit-il, ce doit être sur son côté entraîneur, et non sur l’homme. Cependant, si prendre la défense de Génésio dans le cadre de cette vidéo est légitime, cela ne doit pas faire oublier les reproches faits à son encontre : tactique, gestion de l’effectif, communication, choix de joueurs, gestion de l’enchaînement des rencontres ou encore fausse confiance envers les jeunes. Mais ces critiques – peu relayées par les grands médias nationaux, mais c’est un autre débat – sont basées sur des critères sportifs, et se doivent de lui être adressées lorsque ce dernier est dans un cadre footballistique. Tout le monde s’accordera à dire qu’agresser Génésio en pleine rue, devant sa famille, cela ne sert l’intérêt de personne, surtout pas de ceux souhaitant son départ. Encore une fois, pour l’heure, impossible de savoir si la version avancée par les médias est la vraie, tant l’absence de communication du club sème le doute. Si Génésio n’a rien à se reprocher, pourquoi ne pas le protéger ?

Mais ce qui est vrai, c’est que la tension supporters-entraîneur semble avoir atteint un point de non retour. Attaché et accroché à son poste d’entraîneur, Bruno Génésio, soutenu par Jean-Michel Aulas, a survécu à toutes les tempêtes, toutes les crises de résultats, et depuis mai, aux banderoles à son encontre. Le climat autour de sa personne reste très tendu, et à un an de la fin de son contrat, le mal est fait. Bruno Génésio semble ne pas vouloir écouter les supporters, les supporters ne semblent pas vouloir changer d’opinion sur l’entraîneur lyonnais. Ces deux dernières saisons, à chaque crise de résultats, l’union sacrée prônée par le président Aulas a été respectée par les supporters. Pas sûr que le constat soit le même à la prochaine période compliquée.

Caen, Manchester City, Marseille, Dijon, Nantes, Donetsk à huis-clos, Paris. Voilà le programme qui attend l’OL lors du prochain mois. Entre des résultats mitigés, un mercato critiqué et un entraîneur méprisé, la tension est palpable durant cette première trêve internationale de la saison. A Bruno Génésio et ses hommes d’enchaîner les bons résultats, pour ne pas avoir à faire le même constat dans un mois…

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Idèr Nabili

Idèr Nabili

Supporter lyonnais et rédacteur pour coeur-de-gone.fr

Le coin des Gones

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