La Ligue 1 entame ce week-end sa dernière ligne droite printanière. L’OL est encore presque miraculeusement en course pour la 3ème place derrière Marseille, grâce notamment à sa victoire au Vélodrome avant la trêve. Les plaies d’un hiver catastrophique ne seront refermées que si l’OL accroche cette 3ème place, mais serait-ce une si bonne nouvelle compte-tenu de leurs causes, liées à certains choix sportifs de fond, dont la seule solution viable à long terme serait quelques changements forts ?

La dernière trêve internationale pré-Coupe du Monde s’achève. Les écuries de Ligue 1 reprennent le chemin du pré, y compris pour ses 2 leaders qui s’affrontent à Bordeaux pour le gain d’une symbolique Coupe de la Ligue, puisque cette affiche qualifie le 5ème pour la prochaine Ligue Europa (si Monaco réussit à ne pas finir 5ème, ce qui est totalement impensable). Le suspense est de mise à bien des étages, pour les places en Ligue Europa entre Nantes, Rennes, Montpellier et Nice notamment, et aussi pour le maintien. Tout en haut, le sacre du PSG ne fait guère de doute, et même que Monaco sera son dauphin. La principale attraction sera donc le duel d’Olympique, qu’on n’osait presque plus espérer entre Rhône et Saône.

En effet, en ayant assommé l’OM juste avant la parenthèse internationale, les joueurs de Bruno Génésio se sont donné le droit de croire encore au seul objectif qu’il puisse encore réaliser après les débâcles de l’hiver. Le potentiel du groupe et ses performances, seulement constatée par séquences, auraient dû lui permettre de tutoyer les monégasques et d’exister dans les derniers tours d’une Ligue Europa que les lyonnais ne pourront approcher que des tribunes du Groupama Stadium.

Cette équipe a suscité pas mal de rêves et d’espoirs, mais tous auront été presque gâchés, et finir 3ème de cette manière ne serait presque pas une consolation au regard de la frustration engendrée par le contenu de la saison lyonnaise et les déceptions dans le jeu trop souvent affichées. A tel point que la question des bienfaits de finir 3ème peut se poser…

Toucher le « fond » pour rebondir…
Le plus frustrant est de constater que les manques présentés par cette équipe correspondent aux craintes que certains avaient lorsque la stratégie de construction de l’équipe se concrétisait : une volonté de solidifier une défense trop poreuse et une somme de bonnes individualités devant, avec un profil très orienté sur des attaques rapides dans les espaces, pour des objectifs élevés.

Le défi consistait à obtenir un mélange collectif capable de répondre à toute situation de jeu et tout type d’opposition. Or, si les gones ont démontré des aptitudes face aux équipes joueuses et d’un certain standing, la négligence à considérer le jeu de possession si cher aux nostalgiques lyonnais s’est révélée au contraire très inefficace face aux équipes plus regroupées, notamment au Groupama Stadium. Le contenu proposé a été plutôt conforme à ce qu’il était censé donner, avec la flamboyance dans certains grands matches, mais des limites collectives évidentes face au quotidien de la Ligue 1, voire de la Ligue Europa.

L’équilibre souhaité et globalement atteint par Génésio et ses joueurs est cependant s’est révélé instable et la moindre défaillance des individualités a mis les résultats de l’ensemble en danger et en échec, plus ou moins cruellement dans les coupes, et inéluctablement pendant quelques semaines en championnat.

Le pire pour les observateurs est de croire que les leçons pourtant évidentes de ces erreurs ne seront peut-être pas retenues et que le fait d’arracher aux forceps l’objectif de jouer la prochaine Ligue des Champions, pourrait paraître comme une validation des orientations prises sans auto-critique ou remise en question de certains paramètres. Dans ce contexte, on peut vraiment se demander s’il ne vaut mieux pas une nouvelle saison (complètement) ratée, sans le « cache-misère » de la Ligue Europa ni la carotte de la lucrative Ligue des Champions la saison prochaine, pour repartir sur d’autres (bonnes) bases…

Un potentiel certain, qui ne demande qu’à mieux s’exprimer…
Pourtant et malgré la très forte tentation d’espérer ce scénario pour le bien de l’Institution, on peut se persuader que ça vaut le coup. Tout est loin d’être à jeter. L’OL dispose d’une ossature, faite de certains paris jeunes mais réussis, avec un potentiel énorme et sans vrai flop. Consolider l’aspect défensif avec une ou deux retouches individuelles, mais surtout une expression collective réévaluée, et diversifier l’aspect offensif par de maigres ajustements, vers une meilleure capacité à être efficace dans le jeu de possession, devraient permettre plus de régularité et de sécuriser les performances.

Et quoi de mieux pour attirer d’une part les quelques éléments manquants à cet édifice et surtout conserver ses meilleures forces que de disputer la prochaine Ligue des Champions ? Le prestige de jouer la compétition, le potentiel de bien y figurer et surtout la cagnotte que cela représente pour se donner les moyens de ne pas devoir laisser partir les pépites du club, sont autant de points à considérer…

Pour cela, il faut admettre l’évidence, ce qui ne serait pas une faiblesse, et démontrer à ceux qui disent ou pensent que le président Aulas n’est plus que têtu et obsolète, qu’il est toujours loin d’être bête. De sa lucidité à voir, communiquer et mettre en œuvre les changements nécessaires dépend le crédit dont il dispose encore et l’état de nervosité ambiant.

Si certains nordistes aimeraient se la poser, la question de l’utilité pour l’OL de réussir à se qualifier pour la C1 par la petite porte cette saison ne fait réellement face qu’au crédit et la confiance accordée à la direction de l’OL sur sa clairvoyance et sa capacité à faire évoluer sa philosophie et son organisation sportive. Si certains réfuteront, à tort ou à raison, le mot « échec » en parlant de la saison qui va s’achever, elle contient sa part de fortes désillusions et devra avoir certaines conséquences significatives. C’est le seul chemin pour que l’OL donne vraiment l’impression d’avoir les moyens des ambitions régulièrement affichées et souvent déçues ces derniers temps, avec un modèle économiquement innovant et sportivement cohérent.

Julien PERALTA

Julien PERALTA

J'ai vu Garde et Génésio contre Papin et Cantona, j'ai pleuré le derby de 94, savouré la montée en puissance de 2000, les premiers titres et les grandes soirées européennes... Un passionné du jeu avec l'OL dans le coeur...

Le coin des Gones

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