Après le confinement et quelques matchs poussifs en 4-2-3-1 (en particulier le match amical contre les Glasgow Rangers et la fin de match contre le Celtic), Garcia a décidé de changer son fusil d’épaule et de faire passer son équipe en 3-5-2 en vue de la préparation du match de la Juve en Ligue des Champions…

Malgré la défaite, l’OL a pu continuer sa route et, grâce à une grande prestation collective, a pu renverser l’ogre Manchester City en 1/4e de finale avant de tomber avec les honneurs contre le Bayern en 1/2. Loué par ses adversaires, l’OL a su prouver que, dans cette configuration tactique, il était capable de se hisser au plus haut niveau européen. Mais est-ce que cette tactique est adaptée pour le championnat (hormis pour jouer contre le PSG) ?

Les raisons de penser que « oui » : Un schéma adapté à notre effectif

En effet, l’absence d’ailier pur dans l’effectif permet d’éviter de déplacer nos attaquants axiaux à des postes qu’ils n’apprécient pas. À part Cornet, capable de prendre les couloirs pour centrer à l’occasion, les autres ont tendance à se servir de leur position excentrée simplement pour repiquer dans l’axe et frapper de leur pied préférentiel (c’est le cas tout particulièrement de Traoré ou Memphis, mais on pourrait ajouter Aouar quand il se retrouve dans cette position). Une situation qui amoindrit notre potentiel offensif, rendant nos attaques trop lisibles pour nos adversaires (qui ne sait pas en France que lorsque Traoré reçoit le ballon, il va faire « une Traoré » (sic) en crochetant son adversaire pour s’ouvrir le chemin des filets de son pied gauche et tenter une frappe à l’entrée de la surface ?).
Nos attaquants, étant deux dans l’axe, se retrouvent a fortiori moins esseulés. Dembélé s’est épuisé durant la première partie de saison à jouer seul en pointe. Ayant perdu sa fraîcheur physique au fil de la saison, ses buts se sont faits plus rares… et le potentiel offensif de l’OL s’en est fortement ressenti ! Lors des matchs de LdC, on a pu constater qu’avec ce système, Garcia a pu jouer sur la complémentarité de ses attaquants. Avec un Karl Toko-Ekambi capable de prendre la profondeur et un Memphis (ou un Dembélé) capable de jouer en appui, les attaques lyonnaises ont pu proposer une variété d’offensives qui a rendu difficile la tâche de nos adversaires (même le Bayern l’a reconnu!).
Au niveau de la défense, cela a permis indubitablement de rassurer notre charnière centrale. Marcelo, bon dans les duels mais relativement lent, s’est retrouvé dans ce système positionné un peu plus bas ce qui lui a permis de ne pas être débordé dans son dos… comme il a pu si souvent l’être dans auparavant ! Si Andersen (dont la fébrilité défensive avait déjà conduit Sylvinho à passer à une charnière à trois) n’a pas profité de ce système pour rentrer dans l’équipe-type, Denayer et Marçal, défenseurs durs sur l’homme ont pu faire étalage de leurs qualités dans les duels.

Enfin, c’est un système qui permet de mettre nos tops joueurs à leur poste de prédilection. Memphis ne souhaite pas jouer sur le côté gauche, cela l’oblige à faire beaucoup d’efforts de replacement qu’avec sa blessure, il ne peut plus faire au service de l’équipe (son couplet sur sa musculature prouve que même à 100 % de ses capacités, il ne le voudrait probablement pas?). En outre, il n’a jamais été décisif seul en pointe, ne parvenant pas alors à démontrer ses qualités techniques, pris de trop près par les défenseurs adverses… Aouar est un peu dans la même situation. Refusant de faire les efforts d’un milieu défensif (combien de matchs, j’ai pu le voir marcher?) et pas assez technique et rapide pour jouer en n°10 à la place de Fékir, ce système à trois milieux axiaux lui permet de partir de plus loin (et donc de casser les lignes comme on a pu le constater contre City). Pouvant compter sur ses coéquipiers pour faire le pressing, sans trop perdre d’influx physique par des courses défensives de replacement, il a prouvé lors de ce final 8 que c’était à ce poste qu’il pouvait réellement s’épanouir et faire étalage de tout son potentiel.

Les raisons de croire que « non » : C’est un système qui est fait pour contrer son adversaire, parfait pour la LdC mais contre des équipes comme Dijon, Metz ou Nîmes où l’OL devra faire le jeu, la question se pose.

Avec cette animation offensive aussi axiale (avec deux attaquants et trois milieux de terrain axiaux), ce système nécessite des latéraux très hauts pour fonctionner. En effet, la ligne de 4 dans le 3-1-4-2 du système Garcia va devoir se positionner dans les 30-35 mètres adverses pour permettre aux latéraux d’apporter de la latéralité au jeu lyonnais. Un système offensif qui se tient puisqu’on se retrouverait avec 6 joueurs concernés par les offensives lyonnaises comme pour un 4-3-3… mais qui aurait des conséquences fâcheuses à la perte du ballon. Puisque les quatre joueurs en phase défensive seraient dans une position axiale sur le terrain, les équipes adverses auraient alors de véritables boulevards sur les côtés. Cela obligerait les défenseurs centraux à s’écarter les uns des autres pour couvrir les couloirs, un changement de position qui fragiliserait d’autant l’axe de la défense (surtout avec le manque de vitesse de nos centraux à l’exception notable de Denayer).
Peut-être la solution est à rechercher dans un système hybride avec un Cornet et un Dubois (ou leurs remplaçants) qui alternativement se porterait à l’offensive pendant que l’autre couvrirait… Une solution qui avait été envisagée lors de la confrontation contre le Celtic (avant que l’équipe ne bascule en 4-2-3-1 à la 60e min environ) avec un Dubois positionné au niveau des milieux défensifs, 15 à 20 m plus bas que Cornet.

À moins que le club ne se décide enfin à recruter de véritables ailiers de débordement lors de ce mercato (surtout que ce dernier POURRAIT voir partir quelques-uns de nos joueurs cadres, ceux-là même qui nous encouragent à faire le choix du 3-5-2), l’OL peut envisager d’adopter ce système en championnat. Mais, pour que celui-ci puisse réellement fonctionner, il faudra que l’équipe fasse preuve de véritables intelligences tactiques et surtout d’une grande solidarité collective.

Photos par Icon Sport.

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Oreste

Oreste

Tombé dans la marmite Lyonnaise quand j'étais petit, je n'avais qu'une idéfix venir cirer les bancs de J. Bouin. Abraracourcix, je prends une longue série d'abonnement à Gerland. Mais, comme ma profession n'est pas une assurancetourix de rester sur Lugdu, je suis amené à faire le "tour de la Gaule" et même "la grande traversée". Heureusement "mes 12 travaux" touchent à leurs thermes (romaines ?) et avant d'avoir un agecanonix, je devrais retrouver sous peu "le domaine des dieux".

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