Genesio au CFC : une certaine vision des 3 dernières années

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C’est vrai, Bruno Genesio se fait rare dans les médias. S’il accorde parfois des interviews de quelques minutes, il n’avait jamais été invité dans une émission plus longue, permettant le débat et un entretien plus approfondi. C’est désormais chose faite, depuis son passage ce dimanche soir, dans l’émission Canal Football Club, sur Canal +. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le bilan dressé par les consultants en plateau semble ne comporter qu’une partie de la réalité. Décryptage.

On se doutait un peu que si Genesio avait accepté l’invitation du CFC, ce n’était pas pour se jeter dans l’arène des tigres, et passer toute l’émission à essuyer des critiques, toutes plus ou moins justifiées. Mais on ne s’attendait pas non plus à ça. Pendant plusieurs minutes, le temps de questions directes ou d’un reportage retraçant son parcours à l’OL, on a comme l’impression qu’une partie du bilan de Bruno Genesio avait été oublié, comme s’il fallait essuyer les traces de trois années compliquées sur le banc de l’Olympique Lyonnais. De longues minutes diabolisant presque les supporters de l’OL, et vantant les qualités d’un Genesio dans sa zone de confort.

Tout commence avec une question de Pierre Ménès, souvent très dur avec les supporters lyonnais, mais seule personne autour de la table à poser des questions un peu plus osées. Quand le journaliste de Canal+ lui demande la raison des difficultés de l’OL face aux blocs bas, la faute revient aux individualités. L’entraîneur rhodanien compare son équipe à Barcelone et au Real Madrid, estimant pour Barcelone que “quand ils ont Messi en forme, ou qu’il est moins bien, c’est plus difficile”, comme “le Real avec Ronaldo à l’époque”. Oui, quand les individualités sont moins en vue, c’est plus difficile pour une équipe de s’imposer. C’est pourtant ce que l’on reproche à l’OL, et ce depuis près de trois saisons, de se reposer sur ses individualités, et ne pas voir un collectif rejaillir quand les meilleurs joueurs ne performent pas. Dommage, personne pour relancer le coach lyonnais à ce sujet.

Pour poursuivre, Bruno Genesio estime que l’inefficacité offensive est le principal souci de l’OL en ce début de saison. L’OL marque en effet une fois tous les 12 tirs, selon Dominique Armand. C’est un fait, l’OL manque cruellement de réussite. A Reims (0-1), et surtout face à Nice (0-1), on veut bien croire que la chance n’était pas du côté lyonnais. Même face à Paris (0-5), où les Gones n’ont pas eu de réussite lorsqu’ils n’étaient menés que d’un but, et le sort du match aurait pu être différent en cas d’égalisation des visiteurs. En revanche, et c’est malheureusement plus régulier, ce n’est pas tellement le manque de réussite qui a causé le nul à Caen (2-2), et face à Nantes (1-1), ni la première mi-temps bien terne des Lyonnais face au Shakhtar (2-2). Et en début de saison, face à Amiens (1-0), et Strasbourg (2-0), les Gones avaient été efficaces devant les cages adverses, et heureusement, tant ces deux prestations étaient bien mitigées. Mais là encore, personne sur le plateau pour contredire Bruno Genesio.

Autre sujet, son coaching face à Paris. Lorsque Tousart est expulsé, Bruno Genesio ne réagit pas. Il explique, assez justement semble-t-il, que les deux changements forcés sur blessure (Fekir, puis Rafael) l’empêchent de faire entrer un milieu de terrain pour éviter de laisser trop d’espace à Neymar et Mbappé. Cet argument s’entend. S’il avait effectué ses trois changements à la mi-temps, nombreuses auraient été les critiques en cas de nouvelle blessure d’un de ses joueurs lors de la seconde période, ce qui aurait poussé l’OL à jouer à 9. Seulement, avant que le show Mbappé ne commence, le numéro 7 parisien s’était procuré plusieurs face à face devant Anthony Lopes. Tous remportés par le gardien Portugais. De vraies alertes, alors que le PSG ne menait qu’1-0. Sans doute qu’à ce moment là, renforcer le milieu pour ne garder qu’un but d’écart semblait le plus opportun. Le changement (entrée de Diop pour Cornet), n’est finalement intervenu qu’après le quadruplé de Kylian Mbappé, à 5-0…

Et puis, un sujet sur les (bientôt) trois ans de Bruno Genesio à la tête de l’OL. Rien n’est oublié. Ni la pétition à sa signature, ni ses six premiers mois de grande qualité et ses succès face à Paris et Monaco, ni les 8 défaites lors des 14 premiers matchs de la saison suivante, ni le redressement, ni la saison 2017/2018 en dents de scie. Mais un élément nous étonne tout de même dans le montage de ce reportage. Au moment d’aborder le Lyon-Nice de mai dernier (3-2), le sujet de la banderole du Virage Nord réclamant le départ de Genesio vient directement. Avant même de parler du match. Assez pour faire croire à toute personne n’ayant pas suivi cette soirée que la banderole a été dévoilée avant, ou pendant la rencontre. On soupçonne un manque de clarté. Pour rappel, la banderole hostile à l’entraîneur lyonnais avait été sortie après le coup de sifflet final d’un match où tout le Groupama Stadium avait poussé l’OL à la qualification en Ligue des Champions. Un peu malhonnête, sur le coup…

On voulait aussi revenir sur les 9 victoires lors des 10 derniers matchs de la saison dernière. Oui, cette série est très belle, et est à mettre dans le côté positif du bilan de Genesio. Elle rappelle d’ailleurs ses six premiers mois en tant qu’entraîneur principal, quand l’OL avait remonté 9 places, et enchaîné les succès. Un point commun ? Oui, l’absence de coupe d’Europe. La saison dernière, les Lyonnais débutent leur série de 9 victoires en 10 matchs juste après l’élimination face au CSKA. Lors de ses six premiers mois, Genesio n’avait pas non plus de coupe d’Europe à disputer. Mais sur le plateau, personne pour rappeler cet élément primordial. Si l’OL avait disputé 2, 4 ou 5 matchs européens durant cette période, aurait-il été qualifié en LDC ? Personne ne le sait, alors autant le rappeler, ce que les consultant semblent avoir oublié…

Pour finir, deux ou trois phrases auxquelles on voudrait réagir. Lorsque Habib Beye dit : “dans le football, maintenant, on juge sur l’instant. On n’a aucun recul sur ce qu’il s’est passé 6 mois avant, 1 an avant”, ce ne peut être exact. Pourtant souvent pertinent lors de ses interventions, l’ancien Marseillais cible là le cœur du problème… en oubliant que tous les reproches faits à Genesio sont les mêmes depuis 6 mois, 1 an, 1 an et demi. Et que lorsqu’il fait des choses bien, c’est dit aussi. Il n’y a qu’à regarder les réactions après City, Marseille, ou plus globalement lorsqu’il bat les gros : personne n’oublie de dire que le coach a fait les bons choix. Mais l’OL, ce n’est pas un petit club français qui se contente de battre Marseille, St Etienne (non Pierre Ménès, tous les Lyonnais étaient ravis de battre les Verts 5-0, et Genesio en a du mérite), ou Monaco. L’OL, c’est plus que ça. Les exigences des supporters lyonnais, non Habib Beye, ce n’est pas d’être champion de France chaque année. C’est d’être régulier, de jouer toutes les compétions à fond, qu’une défaite à Caen ou face à Moscou soit un accident, et non juste un chiffre de plus lorsque l’on compte le nombre de défaites à la fin de la saison. C’est de produire du beau jeu, parce que quoi qu’on en dise, il y a plusieurs équipes plus agréables à regarder que l’OL en Ligue 1. C’est aussi être performant au-delà du championnat. La Coupe d’Europe, c’est l’ADN de l’OL. Une élimination, à domicile, face au CSKA Moscou, ça ne peut être que négatif.

Messieurs, sortez des plateaux de Boulogne-Billancourt ou des tribunes de presse, et naviguez dans les tribunes du Groupama Stadium, pour vous apercevoir que non, les critiques à l’encontre du coach, ce n’est pas que sur les réseaux sociaux. Que les critiques sur le jeu, ce n’est pas que sur les réseaux sociaux. Que les critiques sur les résultats, ce n’est pas que sur les réseaux sociaux. Nul ne peut affirmer que la fronde anti-Genesio concerne une majorité, ou une minorité de supporters. Mais c’est un point de vue qui doit être autant débattu et expliqué que le point de vue visant à dire que Bruno Genesio est un grand. Malheureusement, dimanche soir, au CFC, les critiques, pourtant formulées régulièrement après les matchs de l’OL, se sont étrangement évadées… 

Pour rappel, l’OL réalise son deuxième plus mauvais démarrage sur les cinq dernières années… A lire en cliquant ici !

Copyright photo : Peggy / www.coeur-de-gone.fr

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Supporter lyonnais et rédacteur pour coeur-de-gone.fr

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