D’un dimanche à l’autre, l’OL est passé par beaucoup d’états, avec deux matches très inquiétants face à des adversaires à sa portée et avec un plan de jeu prévisible, facilement contrarié, puis une performance enfin normale face au géant parisien. En termes de communication, paramètre incontournable du football moderne, la période aura du coup aussi été agitée du côté de Décines. Retour sur une semaine pas comme les autres où les discours auront été savoureux…

Tout va bien ! On a perdu !

Je suis satisfait de la performance tactique de Bruno. Je suis très fier de mes joueurs. Jean-Michel Aulas sur OLweb.fr

Dimanche soir, le président était aux anges. L’OL est-il qualifié pour la fameuse finale de la Ligue Europa au Groupama Stadium avec une armée de champions et un véritable stratège à sa tête ? Non. L’OL a « juste » perdu 2-0 contre un PSG dont on comptera certes les défaites des deux-trois prochaines années sur les doigts d’une main. Si la performance lyonnaise peut laisser quelques regrets, c’est plus par son caractère presque inattendu après les prestations de la semaine précédente. Quand on s’appelle « Olympique Lyonnais », qu’on ambitionne le podium en Ligue1 et une victoire en Ligue Europa, on ne doit pas se satisfaire d’une défaite, même face à un Paris galactique qu’on envisage de titiller dans les mois/années à venir. L’OL n’a montré que ce qu’on attend de lui, ni plus ni moins, même si on ne l’avait pas encore vu suffisamment cette saison.

On repart sans point. On aurait pu bénéficier d’un penalty, on touche la barre et on prend deux buts contre notre camp. On a fait un bon match…
Je m’attendais à une belle réaction et il y a de la qualité.

Ces déclarations pondèrent la précédente sans en effacer l’idée. Il est vrai qu’on a vibré autant que la transversale sur le frappe de NDombele, alors qu’on s’attendait à se cacher de honte sous les coussins du canapé. Le discours du président est repris par un Anthony Lopes qui a sorti un match XXL, et par un Bruno Génésio, qui a enfin sûrement vu certaines de ses consignes appliquées.

Le mal était heureusement identifié !

On a affiché trop d’insuffisance technique et d’individualisme sur certaines actions. On a du mal à mettre notre jeu en place depuis le match de Guingamp. L’inquiétude est toujours là après ce genre de prestations. On n’a pas de certitudes dans notre jeu. (…) L’équipe est coupée en deux à cause des pertes de balle. On doit s’améliorer dans l’utilisation du ballon. Bruno Génésio en conférence de presse avant PSG-OL.

On est soulagés, tout le monde est d’accord ! Mais ça ne devrait rien avoir d’extraordinaire, tant la nécessité d’avoir du liant au milieu est évidente quand on prône une stratégie directe laissant les clés du jeu au talent des individualités. Avec un projet de jeu aussi peu ambitieux tactiquement parlant, et dont la mise en œuvre n’est, on l’a vu, pourtant pas aussi simple, le minimum est de pouvoir préparer son équipe défensivement. N’ayant pas eu forcément toutes les cartouches pour cela auparavant, on peut déjà se réjouir d’avoir trouvé une base plus solide, plus équilibrée. Mais, on l’a constaté cette semaine, cet équilibre est fragile et peut rapidement être contrarié si le milieu de terrain n’est pas au top.

Si le match de Paris peut rassurer face à l’impression agaçante de néant laissée par les matches d’Août et début Septembre dans cette zone de jeu, on déplorera d’avoir attendu mi-Septembre pour le voir et fin Août d’avoir recruté dans cette optique. Non pas que l’hypothèse Sergi Darder était erronée, mais les alternatives à l’espagnol en cas de méforme comme cet été n’étaient pas convaincantes. Et comme on ne s’y est pas pris assez tôt pour les solutionner…

Premières alertes et Caliméro

… et bien on a eu droit à quelques purges. Mais en début de semaine après la victoire contre Guingamp, on ne pouvait pas être sûr de la prise de conscience du problème, tant les discours sentaient le déni, la recherche d’excuses, certes en partie fondées avec la fatigue des internationaux et la politique de l’autruche à plein nez. Mais le fond du problème n’était toujours pas abordé à ce moment-là, et on pouvait même se poser une question supplémentaire avec le turn-over à adopter dans la semaine à trois matches qui s’ouvrait, avec Paris en point de mire. À la fois, une victoire, comme à Rennes, fait toujours mieux passer les pilules…

Il y a des jours où on est moins bien comme ce soir. On a eu 10 internationaux dispersés aux quatre coins du monde. Ça peut aussi expliquer un manque de fraicheur physique et mental. Bruno Génésio sur OLweb.fr après OL-EAG

Tout n’a pas été parfait dans le jeu mais on ressort avec les trois points de ce match. Lucas Tousart

La saison passée, c’était rare de sortir d’un match compliqué comme celui-ci avec les trois points. On va retenir le bilan comptable. Anthony Lopes

Mais voilà, ça ne peut pas toujours tourner ainsi, et l’OL s’est compliqué la tâche en coupe d’Europe et difficile alors de ne pas voir le nez au milieu de la figure, obligeant le Président à allumer ses contre-feux médiatiques avec la relance de la polémique sur la puissance financière du PSG, tout en mettant de manière feutrée joueurs et staff face à leurs responsabilités…

On aurait dû gagner ce match. On n’a pas fait un bon match. (…) Il faut essayer de comprendre pourquoi les joueurs n’ont pas été au niveau. (…) Il faudra que Bruno regarde pourquoi on est assez faibles techniquement sur certains matchs alors qu’on a de bons joueurs. Certains diront que c’est un problème de fond de jeu, de tactique. Jean-Michel Aulas (OLweb.fr) après Limassol – Lyon

En effet, « certains » le disent. Et Bruno Génésio aussi d’ailleurs, avant d’aller défier le PSG.

On devra être plus juste dans nos choix techniques. L’équipe est coupée en deux à cause des pertes de balle. On doit s’améliorer dans l’utilisation du ballon.

À ce moment-là, personne ne fait le mariole, car, outre le trio offensif monumental parisien, ce n’était pas non plus Riri, Fifi et Loulou qui se présentaient face au milieu lyonnais dimanche soir. L’ambition en berne sur le match, un discours formaté pour les circonstances, un brin de Méthode Coué toujours, histoire de rêver tout bas qu’on a quand même une petite chance, à laquelle, je dois dire, je ne croyais pas du tout avant le match.

On n’a peu de chance de mettre en difficulté le PSG si on garde ce niveau d’engagement. Il faudra faire un bon match et tenter de poser des problèmes. Jean-Michel Aulas

C’est une des meilleures équipes d’Europe en ce moment. On y va avec beaucoup d’humilité. Il y a de très grands joueurs. On ne peut pas y aller la fleur au fusil. Sur l’ensemble de la saison, aucune équipe ne peut contester le PSG. Mais sur un match, c’est possible. (…) On ne va pas à Paris en craignant une rouste, sinon on ne se déplace pas. C’est un match où on a tout à gagner. Peu de gens vont parier sur un résultat positif pour nous. On ne va pas là-bas en victimes. Bruno Génésio

Oui, l’OL a sorti un bon match à Paris et n’a pas été payé. S’il ne faut pas parler de fierté, mais plutôt de normalité et soulagement, le 11 lyonnais a enfin démontré ces choses qu’on attend d’eux sur la durée, même pour un effectif jeune et en construction, et avec un profil de jeu minimaliste. Comme ses performances, la communication du club a dû jongler au cours d’une semaine dense et agitée. Mais, faute de point, les Gones auront au moins ramené de Paris un peu de temps gagné pour travailler calmement cette semaine avant la venue de Dijon samedi prochain et de nouvelles échéances importantes contre l’Atalanta et Angers avant la prochaine fenêtre internationale.

Julien PERALTA

Julien PERALTA

J'ai vu Garde et Génésio contre Papin et Cantona, j'ai pleuré le derby de 94, savouré la montée en puissance de 2000, les premiers titres et les grandes soirées européennes... Un passionné du jeu avec l'OL dans le coeur...

Le coin des Gones

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