Adoré, décrié, adulé, detesté, Jean-Michel Aulas est un personnage clivant à part entière. Mais tout le monde s’accorde sur un point : l’OL, c’est lui. Depuis trois décennies, le patron de l’Olympique Lyonnais est ambitieux, prescripteur et futuriste. De la D2 à la 1/2 finale de Coupe d’Europe, de Gerland au Groupama Stadium, JMA a fait grandir l’OL. En cette année 2017, il fête ses 30 ans de présidence. Après notre 1er épisode sur son arrivée, découvrez notre second opus autour des années 1987 & 1988…

Devenu le nouveau président de l’OL, Jean-Michel Aulas n’a pas encore tous les pouvoirs, Mighirian, le dernier jour de sa présidence, lui a fait un beau cadeau : Robert Nouzaret vient de signer un nouveau contrat de 3 ans comme directeur technique. Aulas a les mains liées, il l’a reconnu lui-même : « les premiers mois, je me suis fait mener en bateau. Ils ont signé ce contrat sans m’avertir. Mais j’ai été bon enfant, je n’ai pas dit ‘‘je fous tout le monde dehors’’, pas du tout ! Le recrutement était presque fait. J’avais une bande d’administrateurs autour de moi, sympas mais pas compétents. D’ailleurs, moi non plus je ne l’étais pas mais j’étais de bonne volonté, j’avais envie ». Piégé, Aulas ne peut faire venir son premier choix, un certain Raymond Domenech et est bien obligé de différer ses plans. JM Aulas qui rêve déjà de Barcelone ou Munich, fait floquer sur le maillot du club « Lyon, ville européenne » et annonce que l’OL retrouvera la coupe d’Europe dans les 4 ans… Des propos qui font sourire car, pour le moment, les adversaires sont un peu moins prestigieux : Le Puy, Alès ou Montceau-les-Mines. L’apprentissage sera particulièrement difficile.

Après un début de saison tonitruant et un joli 5-1 à Bastia, l’OL tombe de haut le samedi 8 août. Devant un Gerland chauffé à blanc, Lyon prend un cinglant 1-7 (la plus large défaite à domicile de son histoire) par les Sochaliens de Sylvester Takac. L’élan est cassé, une bagarre éclate même dans les vestiaire entre Kabongo et le duo Orts-Priou. Et après une nouvelle défaite cuisante à Orléans (3-0), Jean-Michel Aulas se résout à limoger Robert Nouzaret, le premier de son histoire, c’était le 10 octobre. Mais, Jean-Michel Aulas n’est pas encore très expérimenté et, avant de licencier son coach, il n’a pas encore prévu son successeur. Pris de court, on sort du placard Denis Papas, modeste joueur de l’OL lors de la saison 1960-61. Prof d’EPS, Papas n’a aucune expérience du haut niveau et, qui plus est, a passé les deux dernières années sans activité dans le monde du football. Les supporters et joueurs attendaient Terry Venables (comme l’annonçait Le Progrès) et voient débarquer un petit bonhomme sympa mais rapidement débordé par les fortes personnalités de l’équipe. C’est une erreur de casting et le 7 mars 1988, soit deux jours après une nouvelle défaite à Gerland (devant Gueugnon 0-2), JMA vire son deuxième coach de la saison. Marcel Le Borgne, adjoint de Nouzaret puis de Papas, prend les commandes de l’équipe pour finir le mieux possible la saison. Trois entraineurs en six mois, le constat est éloquent, JMA ne parvient pas à fixer un cap à son club. Pourtant, malgré cette gestion plus que discutable, Le Borgne réussit à monter une opération commando. Deux mois plus tard, l’OL atteint les barrages, mais Caen anéantit les espoirs lyonnais sous les yeux de leur futur coach… Robert Nouzaret.

Si sportivement, le bilan reste insuffisant, Jean-Michel Aulas commence à mettre en place son projet au moins au niveau financier. Grâce à son sens des affaires et de la négociation, il réussit à obtenir une belle subvention de la mairie (3 millions d’euros) et, alors que Mighirian n’avait pu obtenir un contrat de partenariat de 760.000 euros avec Michel Reybier (le « roi du saucisson ») ; JMA, lui, l’obtient quelques mois plus tard pour 1,2 million d’euros. Le budget dépasse même les 6 millions d’euros pour la saison à venir 1988-89…

Pour découvrir notre 1er épisode, cliquez ici 🙂

Oreste

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