Adoré, décrié, adulé, detesté, Jean-Michel Aulas est un personnage clivant à part entière. Mais tout le monde s’accorde sur un point : l’OL, c’est lui. Depuis trois décennies, le patron de l’Olympique Lyonnais est ambitieux, prescripteur et futuriste. De la D2 à la 1/2 finale de Coupe d’Europe, de Gerland au Groupama Stadium, JMA a fait grandir l’OL. En cette année 2017, il fête ses 30 ans de présidence. Découvrez notre saga spéciale Jean-Michel Aulas avec notre 1er épisode autour de son arrivée en 1987…

Dimanche 1er mars 1987, le nouveau président de l’OM, Bernard Tapie, fait son cake. Entouré d’une flopée de journalistes, il parle à bâtons rompus de tous les sujets lors d’un déjeuner. Pour Éric Charvet, journaliste au Progrès, l’occasion est trop belle pour ne pas sonder le nouveau président de l’OM sur ce qu’il pense de l’OL, plongé depuis 4 ans en D2. La réponse fuse : « j’y pense souvent. Il faut que je réussisse à pousser Jean-Michel Aulas à la tête du club. Il est très fort. Il pourrait faire des choses formidables ». Une petite phrase qui lance la machine médiatique. À la rédaction du Progrès, ce dimanche après-midi, Olivier Blanc bondit sur cette déclaration et écrit un papier pour le lendemain : « Tapie pense à l’OL ».

À postériori, on peut se dire qu’heureusement que le repas n’était pas trop arrosé sinon nous serions peut-être encore dirigé par Garcimore… Dès le lendemain, Olivier Blanc se met en quête de ce jeune patron, mis par ses soins sur le devant de la scène. Aulas rentre dans le jeu et déclare « si on me le propose, pourquoi pas ? », une déclaration publiée le lendemain qui le propulse comme le favori à la succession de Mighirian. Dans cette interview, donnée dans les locaux de la CEGID, Jean-Michel Aulas laisse déjà apparaître toute ses ambitions pour le club : « il faudra changer de niveau pour faire de Lyon un grand club européen. Je pense à l’exemple de l’OM. Mais j’ai également regardé du côté de Barcelone et d’autres grands clubs. Il ne faut pas miser uniquement sur les recettes au guichet ».

Alors, Jean-Michel Aulas, arrivé presque par hasard à la tête de l’OL ou joli coup de communication ? L’histoire est peut-être trop belle pour être vraie… car, Bernard Tapie n’en était pas à son coup d’essai. Le 20 février 1987 déjà lorsque le maire de Lyon Colomb (Francisque pas Gégé !), lors de l’inauguration des locaux de la Financière de Lyon, lui demande quand il pense arriver à l’OL, l’homme d’affaire répond : « ma venue est inutile Monsieur le maire. Une ville comme Lyon possède des industriels capables d’assumer cette tâche ». Sans prononcer encore le nom d’Aulas, le levier Tapie tend à crédibiliser un projet fomenté par un groupe d’industriels lyonnais.

Cette montée en puissance inexorable ne réjouit évidemment pas tout le monde, et tout particulièrement le président en place, Mighirian. S’il a dans le projet de céder à plus ou moins brève échéance la présidence du club, il n’entend pas se voir forcer la main. Le 3 mars 1987, il s’agace dans la presse : « il est exclu que je me retire actuellement. Et je ne laisserai ma place qu’à quelqu’un qui a auparavant fait ses preuves à l’OL » et le lendemain, il en remet une couche « on m’avait averti : faites attention à ceux dont vous facilitez l’entrée au club ! Ne placez pas de la dynamite sous votre fauteuil. Nous allons revoir la candidature de M. Aulas. Personnellement, je n’y suis plus favorable ». Jusqu’à l’élection, JMA va vivre une sorte de cohabitation avec Mighirian (un peu comme Chirac avec Mitterrand au même moment). Pendant que l’un tente de prendre les rênes du club, l’autre ne veut pas encore les lâcher en souhaitant donner des garanties à son coach et ami Nouzaret. Le 5 juin 1987, l’OL accueille Cannes en match de barrage pour monter en D1. Devant 25.000 spectateurs, accompagné d’Aulas, Mighirian fait un dernier tour d’honneur avant de céder définitivement le pouvoir. Le lundi 15 juin 1987, JMA devient officiellement le 8ème président de l’OL. Personne n’ose penser que 30 ans après, il serait toujours au commande du club.

Oreste

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2 commentaires

  1. Merci Jean mimi de se que tu a fait et se que tu fera encore pour notre club L’OL
    Un grand bonhomme .
    Qui maintenant est capable de tenir encore autant d’années

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